Elle ne fumait pas.

Elena ne connaissait aucun diagnostic susceptible d’expliquer une mort aussi brutale.

Elle avait donc demandé qu’un examen plus approfondi soit effectué.

Álvaro avait refusé.

« Ne transforme pas notre deuil en spectacle. »

La phrase avait blessé Elena.

Mais elle n’avait pas abandonné.

Elle connaissait sa fille.

Et surtout, elle connaissait les changements de comportement qui méritaient qu’on s’arrête.

Le matin des obsèques, quelque chose d’autre était arrivé.

Inès était restée silencieuse pendant presque tout le trajet vers les pompes funèbres.

Elena conduisait lorsque la petite fille avait soudain relevé la tête.

« Mamie, maman est là. »

Elena avait serré le volant.

Elle avait pensé que l’enfant parlait sous le choc.

« Ma chérie, tu es très triste. C’est normal de penser que… »

Inès l’avait interrompue.

« Non. Elle est derrière toi. »

Elena avait regardé dans le rétroviseur.

Le siège arrière était vide à côté de la petite fille.

Inès regardait pourtant dans cette direction.

Puis elle avait murmuré quelque chose qui avait davantage inquiété Elena.

« Maman dit qu’Álvaro a peur. »

Elena n’avait posé aucune autre question.

Une enfant de sept ans venait de perdre sa mère.

Elle ne voulait pas transformer son chagrin en une histoire surnaturelle.

Elle avait donc gardé le silence.

Jusqu’à la cérémonie.

Plus de quatre-vingt-dix personnes étaient présentes.

Des membres de la famille, des voisins, des collègues de Lucía et des connaissances d’Álvaro occupaient la salle.

Les conversations étaient basses.

Les gens présentaient leurs condoléances.

Álvaro recevait les visiteurs devant le cercueil.

Il pleurait.

Du moins, c’était ce qu’Elena voyait.

Puis Inès avait commencé à trembler.

Elle avait serré la main de sa grand-mère.

« Maman dit de ne pas la faire brûler. »

Elena s’était penchée vers elle.

« Qu’est-ce qu’elle dit d’autre ? »

Inès avait désigné le cercueil.

« Elle dit qu’il veut effacer quelque chose. »

Elena avait regardé Álvaro.

Il les observait déjà.

Quelques secondes plus tard, il s’était levé.

Inès avait tiré sur la manche de sa grand-mère.

« Regarde sous le col de la robe. »

Álvaro avait traversé l’espace entre eux.

« Elena, je crois que tu devrais sortir Inès. Elle est confuse. »

Elena avait répondu qu’elle voulait simplement dire au revoir à sa fille.

Álvaro s’était placé devant le cercueil.

« Tu l’as déjà fait. »

Cette réponse avait changé quelque chose dans l’esprit d’Elena.

Elle avait avancé.

Álvaro avait essayé de lui barrer le passage.

« Ne fais pas de scène. »

« Alors écarte-toi. »
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